Avec sa dégaine et sa bonhomie, on le verrait plutôt restaurateur dans une petite auberge accueillante de Seine-et-Marne, mais non, tous les vendredis, il « descend » à Paris pour programmer… du blues
!
Un peu (beaucoup) de blues à l'Espace Blues c'est un refrain que l'on entendra, espérons-le, encore longtemps dans le 19e arron-dissement....
Christian qui es-tu, quand et comment commence ta passion pour la musique bleue ?.
"Des petits soucis » de santé dans mon enfance m'ont contraint à garder le lit pendant de nombreuses semaines. Je n'avais d'autre alternative que d'écouter la radio et de lire. J'ai découvert très tôt que certaines stations de radio qui ne parlaient pas ma langue diffusaient une musique qui ne correspondait en rien à celle qu'écoutaient mes parents nous étions en 57-58, c'était l'explosion du rock and roll.
Puis vinrent les années 60 dans lesquelles je sautais à pieds-joints. Dans le même temps, les anglais lançaient le British Blues auquel je reste aujourd'hui très attaché. Mes idoles d'alors étaient les Rolling Stones, les Yarbirds, les Pretty Things, Johnn Mayall, etc.... Ces artistes reprenant souvent des morceaux signés : John Lee Hooker, Sam Cooke, Muddy Waters, Chuck Berry, etc... j'ai recherché les disques de ces gens-là et je suis tout naturellement tombé sur le Blues américain.Je m'intéressais également à des artistes français comme Ronnie Bird ou Noel Deschamps qui adaptaient efficacement des standards anglais ou américains. Puis vint Jimi (Hendrix) et l'avènement de la guitare. Il m'est difficile de penser musique sans penser guitare, je ne suis pas musicien, bien que j'essaye depuis 40 ans de m'y mettre, un jour peut-être.
Vers la fin des années 60, j'étais D.J. et je programmais déjà des groupes chaque semaine, comme Vigon et les Lemmons, Aphrodite Child, les Variations et la plupart de ceux qui passaient au Golf Drouot.
Ce goût pour la programmation ne m'a jamais quitté et après avoir été responsable départemental des Polysonies d'Ile de France, j'ai poussé un jour la porte du Cristal, un bar de la rue de Flandres, pour proposer un concert d'un groupe de blues que je faisais tourner.
Le lieu et les patrons étant vraiment sympa. J'ai proposé de programmer du Blues tous les vendredis soir, ils m'ont répondu "banco" et tout s'est enchaîné.
Nous avons vécu au Cristal des moments magiques au point que ce petit bar a reçu le Bottlenet du meilleur lieu blues français en 2001.
Hélas, des grincheux (aux oreilles sensibles NDLR) ont eu raison de nous et nous ont fait interdire de concerts.
Avant le Cristal j'avais programmé à l'Olympe, au Club Dunois et monté des concerts en co-réa avec le Divan du Monde, la Makara, etc...
Après le Cristal il y a eu : les Triolets, l'Académy puis enfin l'Espace Blues où j'officie actuellement.
La salle est assez grande et je peux y faire du son, à Paris cela se fait rare aujourd'hui.
Il serait plus facile au Public qui fréquente l'endroit de juger l'Espace Blues mais je fais tout mon possible pour que ce lieu soit convivial et surtout que l'on puisse y entendre du bon Blues.
Les artistes qui s'y produisent sont plus ou moins connus mais le talent est toujours là.
Je reçois beaucoup d'artistes de province car je sais qu'il leur est difficile de se produire à Paris et j'aime les faire découvrir au Public parisien.
A la rentrée, ce sont deux concerts par semaine (vendredi et samedi) qui seront proposés. Pour informer de mes concerts, avec mon ami Mike Lecuyer nous avons créé un site: : http://membres.lycos.fr/ espaceblues où tout est dit.
Que penses-tu du Blues en France (groupes et public) ?
Le Blues en France aujourd'hui est à son meilleur niveau en ce qui concerne les artistes, mais le Public ne se mobilise pas suffisamment en comparaison des concerts de Funk, de Rai ou de Reggae où on le voit déferler.
C'est dommage car cela aiderait les programmateurs à présenter des artistes plus connus.
Les bluesman français tels Benoit Blue Boy, Bill Deraime et surtout Patrick Verbeke ont beaucoup fait pour faire connaître cette musique dans notre langue, ils sont plus nombreux aujourd'hui et c'est tant mieux .
Il faut dire également que nous avons, chez nous, des instrumentistes qui n'ont absolument rien à envier aux anglo-saxons, je ne citerai pas de noms, ils sont trop nombreux.
Où vont tes goûts actuellement ?
Mes goûts actuels ?
Il m'est impossible de citer tous les noms de ceux que j'aime. J'écoute avec autant de plaisir le Blues français, celui de Chicago, du Texas, de New-York, de Louisiane et le Blues Rock. je porte une attention particulière aux guitaristes français comme Pascal Fouquet, Stan Noubard-Pacha, Miguel M, Mauro Serri, Patrice Boudot-Lamot, Fred Chapellier, Philippe Grancher et j'en passe et d'aussi bons et aussi la nouvelle génération de guitar-héroes comme Damien Lopez et Eric Starczan qui sont de véritables virtuoses dans leur domaine.
Nous sommes vraiment gâtés en France et ce, dans tous les styles de Blues.
Ton coup de cœur
Mon grand coup de cœur de la semaine va au C.D. de Jack Bon (ex leader de Ganafoul) qui vient de sortir chez Frémeaux associés.
C'est une excellente ballade au pays du Blues,
J'espère bientôt le faire venir à l'Espace Blues.
Un petit coup de gueule pour la route Si je devais pousser un coup de gueule, ce serait en direction de certains artistes qui ne se donnent même pas la peine de signaler autour d'eux qu'ils sont en concert à tel ou tel endroit et qui ne se soucient pas de la réussite de celui-ci.
Il y a un Public pour le Blues, en plus c'est un excellent Public, car ce sont de vrais amateurs,
il faut aller le chercher et ensuite le choyer car sans lui il n'y a plus rien.
Et pour conclure ?
OUF c'est fini. Didier Chaumier