Pendant le Festival Blues Passions, un contact avait été établi et nous étions convenus de nous recontacter cet hiver par mail, chose promise, chose faite par : Armelle Dorlet.
Matthew pour les lecteurs de Blues Feelings, il serait intéressant de connaître ton parcours ! Comment tout cela a commencé? Ton premier contact avec le Blues, à quel âge? Dans quelle circonstance ? Le déclic harmonica?
J´ai été élevé dans une famille qui écoutait de la musique du matin au soir. Mon père et mes grands frères n´arrêtaient pas d´acheter des disques et nous écoutions de tout c´est à dire de la musique qui allait du rock and roll à la musique électronique jouée par des artistes tels que Terry Riley et Morton Subotnick. Mon père était un professeur de cinéma, ainsi nous avions toujours chez nous des gens créatifs et d´avant-garde qui avaient tous des formes d´expression différentes. Ma mère avait fait des études de piano quand elle était petite et elle écoutait beaucoup de musique classique et de jazz. Bien sûr, on était plongé dans la musique de Dylan, les Beatles, the Band, Neil Young. Et ensuite, avec le revival Folk des années 60, la musique d´artistes comme Lightnin´s Hopkins, Sonny Terry, Brownie McGee et Josh White était pour nous très familière. Alors en grandissant je me suis aperçu que les chansons qui me faisaient vraiment vibrer étaient celles qui avaient quelque chose à voir avec le Blues. Que ce soit Chuck Berry qui faisait un remake de « Driftin´ and Driftin´ » ou les Allman Brothers´Band qui jouaient « I Done Somebody Wrong » ou Ben Webster avec « Gee Baby Ain´t I good to you», il me semblait que ce genre de musique me transportait et arrivait à m´enivrer. J´étais trop jeune pour boire du whisky mais le blues me faisait le même effet
Plus tard, ma famille déménagea et partit pour Milwaukee Wisconsin. Je pris très au sérieux le fait d´écouter du blues et j´étais au courant des dernières tendances avec Junior Wells et Little Walter et beaucoup de B.B.King et Albert King, aussi. Mon grand frère Larry jouait de la guitare avec un de nos voisins et je chantais normalement avec eux. Un jour Larry m´a dit : « Hey man, pourquoi tu ne prends pas un harmonica et tu vois le résultat ». Voici comment tout a commencé. Je fus mordu dès la première note que j´ai jouée (copiant Sonny Terry´s 6-hole draw wailing note1). J´ai commencé à sortir et à aller voir les bands locales de blues et les joueurs d´harmonica. Il y avait tout particulièrement et encore maintenant, Jim Liban et Steve Cohen, les deux grands joueurs qui m´ont beaucoup encouragé et qui m´ont beaucoup aidé. Ensuite, j´ai rencontré un homme qui s´appelait Stokes et qui, jusqu´à ce jour, est l´un des meilleurs chanteurs de blues que j´aie jamais connus. Nous allions dans le ghetto de Milwaukee et nous l´écoutions, lui et son orchestre, chaque fois qu´il jouait. Nous avons commencé à jouer ensemble dans un orchestre appelé Stokes et les Raw Rockers.
Tes influences ? Ton premier groupe ? Tes premiers concerts ? Tes rencontres ?
En ce qui concerne mon influence, elle comprend tous les titans de l´harmonica blues : Little Walter, Sonnyboy 1 et 2, Big Walter Horton, Sonny Terry, Jr. Wells, James Cotton, George Smith, Cary bell et Jimmy Reed. Les Sonnyboy 2 et l'inégalable James Cotton. Ils ont eu un profond effet sur ma façon de jouer. Jim Liban a eu aussi une grande influence sur moi, le grand roi de l´harmonica harpe Milwaukee. Il a développé un style très personnel et c´est toujours très amusant de l´entendre imiter quelques-uns des titans mentionnés auparavant parce qu´il le fait très bien.