Ce festival est l’un des rares à avoir une affiche aussi blues avec quand même Taj Mahal, Lonnie Brooks, Big Bill Morganfield, Lucky Peterson et l’und des dernières légendes du blues : James Cotton, tout ceci très bien orchestré par les organisateurs.
Le premier soir, c’est à Lonnie Brooks d’ouvrir le feu et c’est son fils qui débute le set avec un blues pêchu, très rentre dedans, avec un jeu de guitare âpre, rugueux, à la limite du blues rock.
Puis Lonnie Brooks prend possession de la scène pour nous adresser un blues mélangé au rock’n’roll louisianais avec une touche soul. Son jeu reste très rayonnant et dynamique, avec un chant tendu et expressif et une guitare très incisive.
Malgré ses 72 ans, il reste explosif et bondissant et ce fut une belle entrée en matière.
Taj Mahal, quant à lui, est un musicien parfois inaccessible, éclectique car il touche à tout : blues, salsa, reggae, musique africaine. Cependant, ce soir, il est très très bluesy.
C’est un superbe chanteur dans la tradition noire, avec une voix magnifique, voilée et naturelle.
De plus, c’est un musicien de goût, très bon guitariste, en perpétuelle communion avec son public.
Juste accompagné d’un bassiste et d’un batteur, il nous offre un grand moment musical bien chargé en émotion.
Au cours de la seconde soirée un grand évènement allait se produire.
D’abord Big Bill Morganfield, fils du légendaire Muddy Waters, n’a pas commis l’erreur de copier son père, il joue un blues et une musique très personnelle, tonique, enthousiaste, sans fioriture, du bon travail bien fait.
Mais le plus grand moment allait arriver, juste après, avec James Cotton, l’un des derniers harmonicistes à avoir évolué à l’époque glorieuse du Chicago Blues au même titre que Carey Bell.
Remarquablement soutenu par un groupe jeune, homogène, efficace, connaissant son job sur le bout des ongles, délivrant un set de pur bonheur, James Cotton a su faire swinguer son harmonica avec des riffs à vous couper le souffle, une grande puissance de jeu, faisant virevolter son instrument.
On a rajeuni de 20 ans. C’était un régal que d’écouter une telle légende évoluer de la sorte, les années ne semblent pas avoir de prise sur lui.
Ce fut un moment magique et les absents auront à s’en repentir car il n’était pas venu en France depuis 18 ans et maintenant quand reviendra-t-il ?
En tout cas, il faut souligner cette remarquable initiative bien que le public soit un peu clairsemé. C’est un peu dommage car si l’on veut que ce festival se perpétue il faut que les gens y participent.
H. Mayoux