Robert Nighthawk est méconnu du public, cependant, avec une carrière qui s’étend sur 30 ans, il est l’un des meilleurs guitaristes de Chicago. Influencé par Tampa Red ou Tommy Johnson il n’en demeure pas mois doté d’un style personnel d’une extrême sobriété.
Robert Lee McCollum ou Robert lee McCoy, alias Robert Nighthawk, est né le 30 novembre 1909 à Helena (Arkansas). Très jeune, il entreprend une vie itinérante. Séjournant en Louisiane, il va apprendre à jouer de l’harmonica auprès d’Eddie Jones un musicien local.
En 1929/30 il rencontre son cousin Houston Stackhouse qui lui apprend la guitare et le son velouté du bootleneck.
Durant la semaine, il travaille comme transporteur et le week end il joue avec William Warren. Puis il trouve un emploi dans une ferme de Murphy Bayou et il se produit avec Houston Stackhouse à Jackson Greenville (Mississippi). Il participe également à des émissions de radio en compagnie de Sonny Boy Nelson.
Puis en 1932, avec son frère Percy, il anime des concerts à Crystal Springs, pour se fixer ensuite à Friars Point.
Impliqué dans un incident violent, il quitte le delta pour s’établir à St Louis où il va reprendre le nom de sa mère et s’appeler désormais Robert Lee McCoy.
En 1935, il se produit en compagnie de Peetie Wheatstraw, Big Joe Williams et Sonny Boy Williamson premier du nom. Ce dernier l’emmène en 1937 à Chicago, enregistrer pour le label Bluebird et du coup, entre 1937 et 1940, il va graver 25 merveilleuses faces.
Pour ses sessions, il est entouré de Big Joe Williams à la deuxième guitare, de Sonny Boy Williamson à l’harmonica et d’Henry Townsend à la guitare, et également de Speckled Red au piano, pour nous offrir de très belles pièces comme : G Man, Friar’s Point Blues ou Prowling Nighthwak, d’où son surnom, chantées d’une voix sombre et expressive.
On peut trouver ces titres sur les LP Complete Recordings 1938/40 V 2 Wolf 121 et Robert Lee Mc Coy, Bluebird Recordings (RCA), ou en CD : Prowling Nighthawk Complete Robert Lee McCoy (Catfish 150).
Définitivement surnommé robert Nighthawk, il revient dans le sud pour se fixer à Helena, en 19846.
Il retrouve Houston Stackhouse et effectue en sa compagnie des tournées dans le Mississippi et l’Arkansas. Dans le même temps il est engagé par la firme Brig Star pour animer des émissions de radio sur KFFA.
En 1947, il participe à d’autres émissions sur WROX à Clarsdale en compagnie d’Earl Hooker.
En 1948, il regagne Chicago où il va enregistrer pour le label Aristocrat. Trois séances auront lieu entre 1948 et 1950 pour 12 titres qui feront partie de la crème du Chicago Blues comme : Sweet Black Angel, Annie Lee blues, Return Mail Blues ou Prison Bound.
Robert Nighthwak a un jeu de guitare fluide, limpide, effleurant les cordes pour donner une sonorité veloutée et exquise qui le caractérise.
Il est accompagné de Willie Dixon à la basse, Ernest Lane au piano et Ethel Mae aux vocaux sur 4 titres.
Ces morceaux sont sur le LP : Black Angel Blues, chez Chess Pvine 6015 et sur le CD du même titre chez Chess Charly 29, avec en plus, 8 titres interprétés par le chanteur harmoniciste Forest City Joe.
En 1951/52, il retourne en studio pour effectuer de nouveaux enregistrements pour United. Là aussi le résultat est magistral, avec 11 faces somptueuses comme : Take It
Easy Baby, The Moon Is Rising, Maggie Campbell ou Cryin’g Won’t Help You. Il est secondé là par Ransom Knowling à la basse, Jump Jackson aux drums, Roosevelt Sykes, Bob Call et Curtis Jones au piano.
Sa technique influencera plusieurs artistes comme Muddy Waters, Elmore James ou Earl Hooker qui a calqué sur lui son jeu de Bootleneck.
Ces faces sont disponibles sur le LP : Bricks in My Pillow, Pearl 11 et sur le CD du même titre chez Delmark 711.
Malgré la qualité de ses enregistrements, il n’arrive pas à obtenir le succès escompté. Il poursuit ainsi une petite carrière à Chicago jusqu’en 1953 et retourne dans le sud où il participe au programme : The King Biscuit Time.
La vogue du Blues Revival l’incite à rejoindre, de nouveau, Chicago en 1964, mais la situation des bluesmen n’est pas très florissante. A part quelques concerts et les passages habituels dans les Clubs du South Side où il joue deux superbes titres : Sorry My Angel et Someday, accompagné de Walter Horton, harmonica, Lafayette Leake, piano, et Buddy Guy, guitare, sa tentative de come back est très décevante et le voilà reparti dans le sud.
Il va quand même enregistrer un album très intéressant qu’il partage avec Houston Stackhouse, sous le titre : Robert Nighthawk/Houston Stackhouse : Masters of Modern Blues, Testament 2215, pour le vinyle et Testament 5010 pour le CD qui comprend 6 titres supplémentaires. Il est accompagné sur 8 titres de Johnny Young à la deuxième guitare, de John Wrencher à l’harmonica et Little Walter sur un seul morceau : Kansas City.
Il seconde, à la deuxième guitare, Houston Stackhouse, avec James « Peck » Curtis aux drums.
Il retourne à Helena où il fait encore quelques apparitions avec Franck Frost.
En 1967, il est frappé d’hémiplégie et décède peu après.
Un LP : Live on Maxwell Street 1964 (Rounder 2022) le capture live sur le célèbre marché de Maxwell Street, un endroit culte pour tous les bluesmen de Chicago.
Un coffret de 3 CD vient d’être édité sur Rooster. En supplément des titres présents sur Rounder on peut y entendre également : Big John Wrencher, Little Arthur King, Arvella Gray, Carrie Robinson, James Brewer, Big Mojo Elem, Carey Bell et en complément, un CD d’interviews, le must dans le genre.
L’œuvre enregistrée par cet artiste fait partie intégrante de l’histoire du blues.
Il figure la transition entre le blues des années 30 et les tendances modernes, avec une sonorité lisse et délicate qu’il tire de sa guitare, une voix maussade et gorgée d’émotion, également très bon harmoniciste, il interprète un répertoire exclusivement traditionnel.
H. Mayoux
DISCOGRAPHIE de Robert Nighthawk
LP: Robert Lee McCoy 1938/40 V 1 – Wolf 121
The Bluebird recordings – RCA
Black angel Blues – Chess PVine 6015
Bricks on My Pillow – Pearl 11
Robert Nighthawk/ Houston Stackhouse – Testament 2215
Live in Maxwell Street 1964 – Rounder 2022
Compilations: Drop Down Mame – Chess 411 (avec Sweet Black Angel, Annie Lee, Return Mail Blues, et Jackson Town Girl)
The Early 1950’s – Blues Classics 8 (avec Kansas City)
Black Cat Trail - Mamlish 3800 (avec Crying Won’t Help you) …/…
Chicago Slickers 1948/1953 – Nighthawk 102 (avec Maggie Campbell)
Chicago Slickers 1948/1955 V 2 Nighthawk (avec My Sweet Lown Woman)
Lake Michigan blues 1934/41 – Nighthawk 105 (avec Friars Point Blues, G Man, Take It Easy Baby, Don’t Mistread Your Woman)
Chicago Guitar Killer – Blue Night Record 1669 (Someday, She Know’s How To Love)
Blue Southside Chicago – Flyright 521 (Lula Mae, Merry Christmas)
Rare Gems – Roots TR 1005 (Muderin Blues)
Coffrets Genesis 6641125 et 6641045 (avec God News, Anna Lee, Return Mail Blues)
CD: Robert Lee Mc Coy – The Bluebird Recordings 1937/38 RCA 07863
Prowling Nighthawk – The Complete Robert Lee Mc Coy – Catfish 0150
Black Angel Blues – Chess Charly 29
Bricks in My Pillow – Delmark 711
Robert Nighthawk/Houston Stackhouse – Testament 5010
Live On Maxwell Street 1964 – Rounder 2022
Coffret de 3 CD : and This is Maxwell Street – Rooster 2641
Blueskwater Chicago 1964 V1 – Jefferson Records 12653/4 (on trouve Robert Nighthawk derrière Walter Horton sur 6 titres)
Robert Nighthawk – Ramblin Bob – Saga Blues 04 – compilation qui va de 1937 à 1952